Au premières lueurs du jour, on se lève pour checker depuis la terrasse de l’hôtel. Depuis ce point de vue, tout ce qu'on observe, c'est qu'il y a bien des vagues mais on les voit de coté. Le vent est tombé pendant la nuit. Pas d'hésitation, après quelques échauffements nous nous mettons à l'eau.
On rame prudemment vers le chenal mais on est rapidement pris en main par le courant qui se charge de nous emmener au large et vers le spot sans fatigue superflue.

Les séries sont rares. A l'est, les couleurs du jour naissant illuminent le ciel au dessus du cap. A l'ouest, la lune, pratiquement pleine, s’apprête à se coucher. C'est dans cette ambiance féérique que nous ramons mollement vers une vague inconnue.

Soudain, une patate de corail apparait à un mètre de moi au passage d'une ondulation. On se réveille instantanément et on se met sur nos gardes. A partir de là, on ne quittera plus le récif des yeux. On ne le voit pratiquement pas sur les photos et c'est bien dommage car il est omniprésent. Dès qu'une vague passe, le corail émerge, puis la mer le recouvre et ça recommence.

Nous arrivons au pic lorsque le soleil se lève. Sans surprise nous sommes seuls. Ça tombe bien, je ne me suis pas tapé tout ce chemin pour faire la queue au line-up. Nous attaquons notre première session prudemment. Il s'agit de ne pas se blesser. Dans ce pays, se soigner n'est jamais évident. On surfe quelques vagues parmi les plus grosses sur l'épaule. Pas évident, on voit bien des tubes passer à ras du reef mais il est hors de question de faire un take-off là bas.



Il faut se rapprocher progressivement. Mon acolyte shoote quelques vagues tranquillement pendant que je tente un autre reef plus à l'ouest. Je parviens à chopper quelques vagues courtes et j'ai un aperçu de la puissance de la houle. Ça pousse fort vue la taille, 1m-1m50.
Je reviens vers le spot principal et prends enfin une bonne vague après un take-off toujours pépère, je ne suis pas un kamikaze.
Deux pélicans passent. Finalement, le vent se lève et on commence à avoir froid et faim. Mission accomplie pour cette prise de contact, on fera mieux demain.
Le petit déjeuner est frugal, les gérants n'ont vraiment pas l'habitude des occidentaux, et encore moins des surfeurs affamés. On nous sert une soupière de café, un thé gout bouillon intéressant et une omelette pour 4 qui n'aurait même pas rassasié une des filles. Heureusement, nous avons quelques provisions, rien de tel qu'un morceau de saucisson pour repartir du bon pied.
Petit déjeuner trop juste
Notre colocataire pour une nuit, découverte ce matin
Au programme, nous avons choisi de continuer la route vers l'ouest et de prendre un bateau Tap tap (taxi) pour visiter Habitation Labadee, un village mi-touristique, mi-authentique accessible uniquement par la mer.
Sur la route de Labadee
Pour l'atteindre, nous contournons le complexe privé de Labadee, appelé Coco Beach. Celui-ci mérite qu'on s'y attarde un peu. Ce complexe ultra moderne accueille les bateaux de croisière de la Royal Carribean pour une journée. Les milliers de passagers débarquent ici et profitent des aménagements tels que jet-ski, hors-bord, grand-huit. Ils pratiquent le wakeboard, le parachute ascensionnel et que sais-je encore. La présence de ces activités en Haïti peut surprendre. Mais ce n'est pas vraiment Haïti. Cette portion de la cote à été vendue à la compagnie en 1985. L'état a mis tout le monde dehors et empoché l'argent. Les retombées sur la population locale sont minimes, Coco Beach est hermétiquement fermé. Nous avons essayé d'y pénétrer et nous sommes fait très rapidement refouler par le service d'ordre. Nous avons juste eu le temps d’apercevoir une couple de trentenaires rougeots dans une voiture du grand huit, tout juste descendu de leur paquebot. Ridicule et scandaleux.
Le beau grillage de Coco Beach, invisible depuis l'intérieur.
Un paquebot amarré, ses 4000 passagers ne savent probablement pas dans quel pays ils se trouvent.
C'est parti pour une balade en Tap Tap.
En arrière plan, le bateau bleu, les voiturettes de golf et le ponton, c'est Coco Beach, pas Haïti.
Je ne m’appesantirai pas sur cette visite touriste de Habitation Labadee qui, bien que charmante et attrayante, n'a que peu d’intérêt narratif. J'y ai cependant dégusté mon premier homard d'une longue série, mais il était cramé.

Encore des histoires... j'en veux
RépondreSupprimerMaude... tu as quoi au bras??
RépondreSupprimerMaud pas Maude, merci pour elle.
RépondreSupprimerSon truc au bras c'est juste pour faire le rayon Cobra en soirée.
Greg
Bon ok, je déconne, y a une fille qui lui à chuté sur la main au Ju Jitsu y a 2 mois => arrachement osseux au pouce. C'est long le pouce parait-il.
RépondreSupprimerLa suite des histoires arrive, merci de réclamer.
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