27 mars 2012

Journée de route


Le lendemain, je suis réveillé bien avant  l'aube. La nuit a été courte. La musique s'est arrêtée tard et, la pleine lune aidant, les coqs se sont réveillés très tôt. Nous partons dans la matinée pour arriver avant la nuit au Cap Haïtien, deuxième ville du pays. Il y a environ 250 km, nous prévoyons 7 heures de route et piste.
La veille, nos amis nous avait récupérés à l'aéroport avec un 4x4 très vieux, plein de problèmes mécaniques et la carrosserie réparée avec des sacs en plastique. Heureusement, ils ont pu obtenir un 4x4 « neuf » dans la journée. Quand on dit « neuf » en Haïti, ça veut simplement dire : en bon état. C'est un vrai coup de chance car faire la route ici est bien pire que tout ce que j'ai vu jusque là. Si je n'avais pas eu totale confiance dans le pilote, Fred -ça passe- Alesi, j'aurais dis stop au bout de 30 km.
Sur la route, nous croisons des bus, des faux-bus (bus qui ne s'arrêtent pas), des camions américains, des 4x4, une moto en panne sur une moto, des bananes frites, de l'eau en sachets plastique (les vendeurs crient : « dlo ! »), des bananiers, des camps de réfugiés, des vaches, des chèvres, des convois d' UN, un convoi d'officiels avec escorte, des porteurs et des porteuses. Il y a même un endroit qui s'appelle Saint Médard.

 Ici, c'est Saint Médard.



 Un gros bus.


 Les camps qui bordent la capitale.


 Le 4x4, les grands moun et le ti moun.



 Transport en commun, ils sont 15 noirs, on est 5 blancs. Même bagnole.



Les UN, que tout le monde semble détester.

Premier aperçu de la mer des Caraïbes.


 Après avoir aperçu pour la première fois la mer des Caraïbes, nous faisons une pause à St Marc pour pic-niquer. Premier repas typique, acheté dans la rue : un pain frit, fourré au poulet, à l’œuf dur et à la salade, accompagné d’acras, de salade très piquante et de dous, des pâtisseries locales.


Pause pique-nique à la plage. "On n'est pas bien, là ?"


Puis le paysage change et nous voyons défiler les rizières parsemées d'aigrettes et les champs de canne à sucre. Des planches de bois, coupées et délignées à la main, attendent un acheteur au bord de la route.

Rizières.


Bois et bambou.





Vient alors la partie difficile, la plaine fait place à la montagne et la route se fait piste. Un camion dans le ravin ou des morceaux de voiture ça et là témoignent de la dangerosité de la route.
Finalement, nous arrivons à temps au Cap pour aller chercher le spot. Si j'avais du conduire, cela aurait pris deux jours.
Camion Ravin

A notre arrivée sur le spot, c'est la liesse. Il y a bien des vagues. Personne n'osait y croire vraiment. Les filles se marrent en nous voyant sautiller comme des gosses.

Nous observons Ginsu pour la première fois.
 La droite déroule malgré le vent et il y un mètre à un mètre cinquante. Trop tard pour ce soir, on s'y collera demain. C'est le spot principal de la côte nord et un des plus accessibles. Le nom de ce spot a été donné en référence à une célèbre marque de couteaux américains. Le récif de corail est réputé dangereux et il est peuplé de gros oursins. Ce reef est réellement effrayant. A marée haute, il est a peine recouvert. Pourtant, il n'est pas si méchant une fois qu'on le connaît.





Nous repérons deux hôtels : nous entrons à l’hôtel Cormier, le parc est magnifique, peuplé d'arbres majestueux et de perruches, nous savons l'endroit cher mais nous tentons notre chance malgré le parking plein des véhicules rutilants de l'UN. L’hôtel est aux standards occidentaux et la chambre est à 100 € la nuit. Par contre, il est plein. Dommage, nous devrons trouver moins cher.;)
Le deuxième essai sera le bon, Hôtel Ducroix Plage, 30€ la double, ce qui n'est pas rien pour Haïti mais il n'y a rien d'autre dans la zone. Le petit plus de l’hôtel, le chenal utilisé par les pécheurs pour aller au large est juste devant. Le spot est à quelques minutes de rame vers l'Ouest. La mise à l'eau se fera sur la plage de l’hôtel.
Nous profitons du repas improvisé par la cuisinière, l’hôtel étant complètement vide. Nous sommes enfin posés pour quelques jours, et nous allons surfer dès demain.


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